L'UTOPIE OU LA MORT

École, Écologie, Politique, Économie, Temps Libre, Philosophie, Sociologie, Information, Lecture, Jeux... nous prétendons que l'alternative n'existe qu'entre l'Utopie ou La Mort (René Dumont)

02 juillet 2008

Yves Cochet enfin écouté?

En tous cas, même Le Monde s'intéresse enfin à lui à ses théories, ce n'est pas trop tôt.

Extrait de l'article du 2 juillet 2008, Le monde.



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Voilà bien quatre ans qu'Yves Cochet essaie d'en convaincre les Verts : la crise pétrolière et son cortège de pénuries et de tensions mondiales vont entraîner "la fin d'un monde tel que nous le connaissons". Jusqu'alors, le député de Paris passait pour l'oiseau de mauvais augure, un tantinet obsessionnel. Avec l'envolée du prix du baril de pétrole (dont le cours a été multiplié par six en six ans), l'augmentation faramineuse des tarifs à la pompe et les restrictions que s'imposent désormais les ménages, le député de Paris voit sa prophétie réalisée.

1946

Naissance à Rennes (Ille-et-Vilaine).

1971

Nommé enseignant- chercheur de mathématiques.

1984

Cofondateur du parti des Verts. En devient porte-parole pendant deux ans.

1997

Elu député du Val-d'Oise ; vice-président de l'Assemblée nationale

2001

Succède à Dominique Voynet comme ministre de l'environnement.

2008

Multiplie les interventions sur le thème de son livre "Pétrole apocalypse" (Fayard).

                

Pétrole apocalypse, c'était le titre de son ouvrage paru en septembre 2005 chez Fayard. Ce fut l'axe de sa campagne contre Dominique Voynet, lors des primaires chez les Verts pour la désignation du candidat à l'élection présidentielle de 2007. Mais jusqu'alors, il n'a pu les convaincre que ses prédictions de Cassandre sur l'état de la planète pouvaient attirer des électeurs. Depuis quelques semaines, c'est un succès extérieur qui le consacre : il passe d'une conférence dans le grand amphi de Sciences Po à une audition devant le Grand Orient de France ou à un cours devant l'élite économique à l'ENA. Sans oublier ses passages sur France Info, France 5... Ses diatribes assurées sur la nécessaire cure de sobriété que doit s'imposer la société de consommation séduisent.

Après avoir longtemps occupé la seule scène écolo, il accède à la notoriété publique, grillant la politesse à Noël Mamère. C'est lui, maintenant, le député Verts qu'on voit partout.

Cet ancien professeur d'informatique à la faculté des sciences de Rennes, fils de militants centristes, s'est engagé tôt dans l'écologie. D'abord dans les associations de lutte contre la pollution des rivières bretonnes puis aux Amis de la Terre contre les projets d'implantation de centrales nucléaires. Mais sans jamais passer par la case extrême gauche, contrairement à bon nombre de ses amis. Le scientifique participe en 1984 à la création du parti Vert, aux côtés de Dominique Voynet et de Jean-Luc Bennahmias. C'est avec eux qu'il bataille pour ancrer les Verts à gauche, contre les "fundis" (fondamentalistes hostiles à toute alliance), lui devant, eux dans l'ombre.

Ils perdent la bagarre, deux ans plus tard, face à Antoine Waechter, qui décrète que "l'écologie n'est pas à marier". Yves Cochet s'efface alors derrière "Voynet la fonceuse", qui s'impose en interne. Lui apparaît trop comme le "Rocard vert", celui qui a de bonnes idées mais reste mauvais stratège. Et puis on le soupçonne déjà d'être prêt à négocier avec les socialistes. "Il a toujours été vécu comme celui qui allait vendre les Verts au PS", se souvient son ami Dominique Bernard.

En juin 1997, quand sonne l'heure des maroquins ministériels, c'est "Dominique" qui est choisie. Son aîné n'obtient qu'un siège de député du Val-d'Oise dans une circonscription réservée du PS. "Il sait ce qu'il nous doit", remarque l'ancien ministre socialiste Daniel Vaillant. Il mène ses batailles, mais en veillant à ne pas trop déranger ses collègues socialistes. Pas question de rater son heure, alors que Dominique Voynet doit quitter le gouvernement.

Un mois plus tard, il devient enfin "Monsieur le Ministre". Il découvre alors les lourdeurs d'une machine où ce sont les technocrates qui décident. Et peine à laisser son empreinte. "Il a rêvé si longtemps de ce poste qu'il en a conçu une vraie déception", remarque Francine Bavay, vice-présidente Verte de la région Ile-de-France. Un sentiment d'impuissance qui expliquerait son changement de pied actuel.

Car le scientifique si posé, raisonnable, "réformiste", comme il l'avoue lui-même, a changé de registre pour entamer un chant millénariste et prôner une ligne "ultra-verte". Avec un modèle en tête : René Dumont expliquant à la télévision, un verre d'eau à la main, que le liquide sera ce qu'il y aura de plus rare au prochain siècle. "Je voulais parler cru quand Voynet parle pasteurisé", remarque-t-il, battu au soir des résultats des primaires. Depuis, il n'a pas dévié.

Lui, son dada, c'est le pétrole "devenu rare et cher". Parce qu'"il est trop tard pour sauver la société industrielle" et que d'ici à cinq ans, "il n'y aura plus assez d'or noir", il faut organiser la "décroissance franche et régulière de la consommation de pétrole". Un nouveau credo qui se traduit par une série de mesures drastiques comme le rationnement des carburants - "des quotas par famille" -, la limitation de vitesse à 110 km/h sur autoroute ou l'autosuffisance alimentaire et énergétique. "Pourquoi ne pas développer le maraîchage en Ile-de-France pour éviter les transports inutiles ?", interroge-t-il.

"Message culpabilisateur", tacle Dominique Voynet, qui critique encore ses propositions. "C'est un discours catastrophiste qui a gagné en crédibilité. Mais en politique, il faut aussi apporter de l'espoir", constate Noël Mamère, député de Gironde. En interne pourtant, les ricanements sceptiques ont cessé. Un débat spécifique est prévu aux Journées d'été des Verts à Toulouse en août. Et Yves Cochet de constater, enfin satisfait : "La plupart du temps, ce sont les pessimistes qui sont le mieux informés..."

Sylvia Zappi

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22 juin 2008

MAP "la chasse est ouverte"

MAP "la chasse est ouverte"
Vidéo envoyée par machineurs

MAP - clip - "La chasse est ouverte" Réal : Frederic Aujas Prod : Emmanuel Pampuri / TRACTOfilm Chef Opérateur : Nicolas Manson Montage : Aurelie Jourdan Clip réalisé en HD tourné avec Kit Mini 35 sur Panasonic HVX 200 + HPX 500 Télédiffuseurs, si le clip vous intéresse, demandez nous un master broadcast ... HD Cam, DVCpro-HD, Beta Digital, Beta SP ou DV-Cam. Possibilité de récupérer un fichier haute qualité. http://www.map-site.fr/ http://www.tracto.tv

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Elle a 13 ans vie de sauver le monde

Une vidéo incontournable

Les jeunes ont le courage et l'intelligence qu'il manque à leur parents. Donnons-leur un peu plus de pouvoir car ils sont bien plus sages que tous les séniles et les cupides qui peuplent nos parlements.

http://fr.youtube.com/watch?v=5g8cmWZOX8Q&feature=related


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29 mai 2008

Antoine Prost s'insurge...que c'est bon!

Extrait de l'article du MONDE

Un Munich pédagogique, par Antoine Prost

ne catastrophe est en marche, plus grave que les nouveaux programmes de l'école primaire ou les suppressions de postes qu'on dénonce dans la presse ou dans la rue. Il sera facile, en effet, de revenir sur ces mesures.

La suppression de deux heures de classe dans l'enseignement primaire et la semaine de quatre jours risquent au contraire d'être irréversibles. Et personne ne dit rien ou presque. Le forfait s'accomplit dans l'indifférence générale. Munich s'était accompagné d'un "lâche soulagement". Ce lâche consentement, lui aussi, annonce une débâcle.


Avec trente-six semaines de quatre jours, l'Ascension, le lundi de Pentecôte, le 1er et le 8 mai, le 11 novembre, cela fera moins de 140 jours de classe par an. Il y en a 210 au Japon, 200 en Italie et au Danemark, 188 en Finlande, 190 en Grande-Bretagne. Et l'on se plaint du niveau des petits Français ? Il n'y a qu'une chose vraiment importante en éducation : c'est le travail des élèves. Sur quel miracle, sur quelle potion magique, M. Darcos compte-t-il pour compenser les amputations qu'il décrète ?

Tout le monde le sait, mais personne ne dit rien. Où sont les défenseurs du niveau, si prompts à dénoncer toute innovation pédagogique ? La vague promesse d'un retour aux bonnes vieilles méthodes les rassure : elles ont fait leurs preuves, disent-ils. Mais à raison de trente heures par semaine, sans compter les heures supplémentaires prodiguées à la veille du certificat d'études. Croient-ils par hasard qu'elles seront aussi efficaces à raison de vingt-quatre heures ?

Avec un cinquième de temps en moins, il leur faudrait un an de plus. Et qu'on ne nous raconte pas qu'on va se concentrer sur les "fondamentaux", alors qu'on ajoute encore des matières. Et les parents d'élèves ? Ce sont les premiers intéressés. Trop contents de disposer du samedi matin, ils se sont bornés à des protestations de principe. Mais on pouvait leur donner cette matinée en prenant celle du mercredi ; un tribunal administratif vient de statuer que c'était compatible avec le catéchisme.

On pouvait aussi généraliser ce qui avait été accepté dans les départements qui avaient adopté la semaine de quatre jours : raccourcir un peu les vacances. Pas du tout : on supprime ces journées supplémentaires. Les princes qui nous gouvernent ne sont pas mesquins... La preuve ? Cette mesure ne rapporte rien au budget ; c'est pur cadeau.

Et les enseignants ? Rendons-leur cette justice : ils n'ont rien demandé. Les institutrices sont les premières inquiètes. Elles qui font travailler les élèves - car la classe n'est pas un cours -, elles mesurent mieux que quiconque l'impossibilité de faire plus avec moins et elles savent qu'on les rendra responsables, demain, des échecs de l'école. Mais comment refuser un cadeau pareil ? Et pourtant, cette mesure compromet, plus que bien d'autres qui provoquent des grèves, l'enseignement de haut niveau et la qualité du service public que les syndicats prétendent défendre.

Le résultat de ces lâchetés et de ces hypocrisies est connu d'avance : le nombre des élèves incapables de suivre en 6e va augmenter. Je dénie à quiconque ne proteste pas aujourd'hui de toutes ses forces contre cette mesure le droit d'ouvrir demain la bouche pour déplorer cet échec majeur.

Ceux qui se prétendent démocrates et défenseurs du service public et ne dénoncent pas aujourd'hui cette entreprise de déconstruction sont des menteurs. Les parents informés des classes moyennes et supérieures sauront compenser, par des recours divers et payants, mais fiscalement avantageux, les insuffisances organisées de l'école publique. Les milieux populaires, eux, feront les frais de cette amputation.

Il ne faut pas se payer de mots. J'attends qu'on m'explique comment des programmes plus copieux contribuent au resserrement sur les fondamentaux, et comment on apprend plus et mieux en travaillant moins.


Antoine Prost est historien de l'éducation.

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19 mai 2008

ÉCOLE DES FILLES, ÉCOLE DES GARçONS

L'UMP ne nous épargnera rien.
Pétainisme quand tu nous tient.

Un article à ne pas manquer sur Rue 89 (en lien à droite)

Extrait:

Le 15 mai 2008 restera-t-il dans les annales comme la première grande brèche dans le principe de mixité scolaire? Jeudi, le Parlement a en tous cas adopté définitivement la nouvelle loi anti-discrimination, après plusieurs discussions houleuses tant que le texte faisait encore la navette entre les deux assemblées.

Au détour de cette loi, s'installe en effet la possibilité d'organiser un enseignement séparé pour les garçons et les filles à l'école

Posté par lutopieoulamort à 18:16 - sarkozutopie - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

09 mai 2008

La réforme scolaire vue par Philippe Mérieu

Extraits de :
La France a une très mauvaise gestion des rythmes scolaires", selon M. Meirieu
LEMONDE.FR | 25.04.08 | 16h16  •  Mis à jour le 09.05.08 | 18h20

"La suppression du samedi matin va encore alourdir les journées existantes et accroître la fatigue scolaire, qui est aujourd'hui l'une des causes majeures de l'échec", selon le pédagogue Philippe Meirieu.

Mais là, le gouvernement veut réformer en faisant des économies. Je crains que la logique strictement budgétaire ne l'emporte sur la logique pédagogique, et qu'effectivement des enseignements soient sacrifiés. 

c_essentiel :  Quel avis donneriez-vous à une jeune enseignante du primaire quant aux nouveaux programmes centrés autour du français - maths et la morale ?   

Philippe Meirieu :  Les nouveaux programmes tentent d'effectuer un recentrage sur "les fondamentaux" : lire, écrire, compter, savoir se comporter en "citoyen français". Bien sûr, nul n'est contre de tels objectifs et, d'ailleurs, l'immense majorité des enseignants du premier degré les poursuivent depuis de nombreuses années. 

Ce qui est, en réalité, en jeu dans ces nouveaux programmes, c'est l'équilibre entre les temps de découverte et les temps de formalisation nécessaire des savoirs. 

Il n'est pas question de nier l'importance de la mémorisation et de l'acquisition des règles grammaticales et arithmétiques, mais je crois, pour ma part, que ces mécanismes doivent être acquis à travers des enseignements vivants qui impliquent les élèves et qui leur permettent de découvrir le sens des savoirs. 

Par ailleurs, il faut bien reconnaître que, même s'ils sont contraignants, les programmes donnent quand même une marge de liberté importante aux enseignants. 

Le ministre n'a cessé de le rappeler : il faut utiliser cette marge de liberté, en particulier pour mettre en place des activités structurées et mobilisatrices pour les élèves. 

Il me semble que les jeunes enseignants ne doivent pas renoncer à leurs perspectives pédagogiques, à faire de leur classe un lieu de vie et d'expression et, simultanément, d'acquisition rigoureuse des savoirs. 

lol :  Une réforme qui va plutôt dans le bon sens, selon vous alors ? 

Philippe Meirieu :  Non, pas du tout. Les programmes de 2002 étaient beaucoup plus ambitieux et équilibrés. La dimension culturelle était beaucoup plus grande, et l'ouverture sur des activités pédagogiques variées était clairement affirmée. 

Les programmes de 2008 fixent des objectifs beaucoup plus limités et techniques. Ce sont, pour l'essentiel, des objectifs quantifiables qui laissent échapper toute une part de l'activité pédagogique. 

Je crois qu'il faut que les enseignants, tout en suivant les programmes auxquels ils sont confrontés aujourd'hui, continuent à mener un travail pédagogique de fond et ne se rabattent pas sur une pédagogie du perroquet. 

Tintin au Tibet :  Que pensez-vous de la fermeture des écoles le samedi matin ? 

Philippe Meirieu :  J'y suis très hostile. Pour plusieurs raisons : d'une part, c'est, de fait, la généralisation de la semaine de quatre jours. Or, la France a déjà une très mauvaise gestion des rythmes scolaires, avec des journées trop longues et trop peu de journées d'école dans l'année. 

La suppression du samedi matin va encore alourdir les journées existantes et accroître la fatigue scolaire, qui est aujourd'hui l'une des causes majeures de l'échec. 

Les élèves ont perdu plus d'une heure de sommeil par jour depuis trente ans : ils sont excités, stressés, et moins bien disposés à entrer dans les exercices scolaires. 

D'autre part, je pense qu'on aurait dû utiliser le samedi matin pour améliorer les relations entre les familles et l'école : il était possible par exemple de demander aux enseignants d'ouvrir systématiquement l'école aux familles le samedi pour améliorer la connaissance du système scolaire, des pratiques pédagogiques, et permettre de nouer un dialogue sur des questions qui intéressent à la fois les professeurs et les parents. 

Enfin, je crois que le système de rattrapage qui est proposé pour les élèves en difficulté ne permettra pas efficacement de leur apporter le soutien nécessaire : ils risquent de se sentir punis de venir en classe plus que leurs camarades, et cela pourra parfois être contre-productif. 

marc :  En quoi la suppression de 3 heures de cours le samedi matin et la réduction de la semaine de cours à 24 heures peuvent-elles accroître la "fatigue scolaire" ? 

Philippe Meirieu :  En fait, la véritable question c'est la journée scolaire, qui est trop lourde et qu'il faut réduire. Six heures de cours par jour pour des élèves de 8 ans, c'est excessif, et je préférerais des journées de quatre heures mieux réparties dans la semaine et dans l'année. Mais cela exige bien sûr une réflexion sur la mise en place d'activités complémentaires, culturelles ou sportives, qui aujourd'hui font défaut en France. 

Enfin, je trouve que, depuis plusieurs années, nous allons toujours dans le même sens : imposer aux élèves les contraintes des adultes en matière de week-ends, de vacances, de garderie, etc. Il faudrait plutôt s'intéresser aux besoins réels des enfants et réfléchir sur leur équilibre de vie. 

maximmm :  Comment expliquez-vous qu'à niveau de qualification égal, un enseignant est rémunéré de 20 à 40 % de moins que les cadres A de certaines administrations (impôts, trésor, etc.) ? N'est-ce pas une des principales raisons de la déprime du monde enseignant ? 1 300 euros net par mois en début de carrière pour un enseignant, n'est-ce pas tout simplement une honte ?   

Philippe Meirieu :  Le manque de reconnaissance sociale et financière des enseignants est effectivement très grave aujourd'hui. C'est l'une des principales raisons du malaise. 

Probablement a-t-on profité de la féminisation massive de ce métier pour ne pas trop en augmenter les salaires, ce qui est proprement scandaleux. 

Dans l'histoire pourtant, les professeurs n'ont guère été mieux payés qu'aujourd'hui. Mais ils jouissaient d'une estime sociale et d'un statut qui pouvaient compenser ce déficit financier. 

Par ailleurs, les difficultés du métier étaient moindres : aujourd'hui, on attend du professeur qu'il assume des fonctions qui ont été progressivement abandonnées par la religion, la collectivité et la famille. On attend de lui qu'il promeuve des valeurs qui sont radicalement contraires à celles de la publicité et des médias. 

On exige qu'il fasse réussir tous les élèves... Tout cela est, je crois, une évolution normale, mais qui nécessite de repenser la place de l'enseignant dans la société, la nature de ses missions, sa formation, et, bien évidemment, sa rémunération. 

Elle est plus proche du formatage que de l'éducation, et si je devais souhaiter une chose, ce serait qu'on réhabilite le patrimoine et la formation pédagogiques dans tous les domaines. Célestin Freinet, Maria Montessori, Anton Makarenko, Lorenzo Milani, Pestalozzi, Oury, ont beaucoup de choses encore à nous apprendre.

Si nous ne les écoutons pas un peu, nous allons vraiment sacrifier une génération d'élèves. Les méthodes qui ont "fait leurs preuves", ce sont eux qui les ont proposées et ce sont eux qu'il faut écouter. 

Thierry :  Eh oui monsieur Meirieu, j'ai parfois le sentiment que les professeurs passent plus de temps à faire de la pédagogie qu'à enseigner. A qui la faute? 

Philippe Meirieu :  Pour moi, enseigner, c'est faire de la pédagogie ! Je ne vois pas comment on peut faire de la pédagogie sans enseigner. Enseigner, c'est inventer des moyens pour transmettre des savoirs, et c'est cela la pédagogie. 

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21 février 2008

Devoir de mémoire

Si j'avais des CM2,


- chaque enfant aurait le choix entre parrainer un enfant juif déporté, un homosexuel déporté, un tsigane déporté ou pourquoi pas un communiste assassiné.

- chaque enfant saurait que la police française a participé activement à ces horreurs au nom de l'obéissance à l'ordre donné par un supérieur.

Si j'avais des CM2,


- chaque enfant pourrait aussi choisir de parrainer un enfant Irakien, Afghan ou Tchadien, pour ne pas oublier que les politiques actuelles peuvent encore tuer des enfants.

Si j'avais des CM2,


je leur apprendrais que le droit de vote est précieux et surtout sérieux car il implique la responsabilité de l'électeur dans les décisions prises par celui qu'il a élu.

Mais je n'ai que des cycle 2, et nous votons déjà beaucoup et nous apprenons déjà beaucoup.
Abes

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16 janvier 2008

La musique de cuisine

Lien vers une vidéo musicale : http://www.youtube.com/watch?v=gcPfj-qEPWk

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10 janvier 2008

"Les anti-OGM obtiennent un sursis"

 Extrait d'un article de la Charente Libre du 10 janvier 2008: l'article complet via le lien colonne de droite.
             
   

 



Yves Manguy, José Bové et les jeûneurs de la rue de la Banque ont estimé hier soir qu'il n'y avait «qu'une seule possibilité», la clause de sauvegarde  


    Jean-François BARRÉ
AParis, dans les locaux de la rue de la Banque, la grève de la faim les a empêchés de sabler le champagne, hier soir. Mais c'était tout comme. Les recommandations de la Haute Autorité chargée de se prononcer sur le sort des cultures d'OGM (organismes génétiquement modifiés) en France devraient logiquement déboucher sur la mise en œuvre de la «clause de sauvegarde» qui permet au gouvernement, par principe de précaution, d'interdire la culture de plants transgéniques sur le territoire. Au moins jusqu'à l'examen d'un texte de loi par le Sénat en fin de session parlementaire, et à l'Assemblée après les municipales. Les scientifiques de la Haute Autorité provisoire sur les OGM ont relevé «un certain nombre de faits scientifiques nouveaux négatifs» dans leur avis sur le maïs OGM MON 810, et exprimé des «doutes sérieux», rapportés par le président de la commission, Jean-François Le Grand, sénateur (UMP) de la Manche....
 
.....Il s'inquiète aussi des choix qui seront offerts aux agriculteurs demain, «quand ils devront produire encore plus pour nourrir les populations et, puisque l'on n'aura pas pu mener à bien la recherche, devront se tourner soit vers Monsanto, soit vers les Chinois qui se sont lancés à fond dans la recherche».
Alain Lebret lui emboîte le pas. «Je ne suis pas un fou des OGM. Je dis simplement attention. On ne sait pas de quoi demain sera fait. Il y a peut-être des effets négatifs, mais si on ne cherche pas, on ne les trouvera pas. Je trouve un peu dommage qu'on cède sous la pression d'un groupe ultra-minoritaire. Il est dommage que l'on ne puisse pas avoir un débat serein sur la question. Elections ou pas.»
Parce qu'il y a une notion qu'à la fois les amis de José Bové et les pro-OGM ont intégrée: dans deux mois, c'est les municipales. Et dans les sondages, 70 à 80% des Français se prononcent contre les OGM.




Réaction:

Pour savoir si les anti OGM sont ultra minoritaires on pourrait proposer un débat public alimenté par de vraies recherches indépendantes, sur le long terme et en milieu fermé.
Ce débat pourrait ainsi être prolongé par un référendum.
Mais les apprentis sorciers, à la solde des capitalistes de la chimie, ne pensent que profit à court terme et n'ont foi qu'en la toute puissance de la techno-science, celle qui a provoqué les scandales de l'amiante, de la vache folle et bientôt des OGM.
Malheureusement, tant que les considérations monétaires domineront les réflexions humaines, le monde continuera d'accélérer sa course folle, inutile et autodestructrice.
L'humain n'est plus qu'un homo oeconimicus depuis 2 siècles déjà.
Et cette doctrine puise son énergie dans la servitude d'un peuple si cupide et si peu cultivé...que tout espoir d'en sortir n'est-il pas vain?
Abes

 

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09 janvier 2008

LAICITE : PROPOS SCANDALEUX DE N. SARKOZY

Extrait des Brèves du SNUipp Charente du 09 janvier 2008



Pour la transmission des valeurs, le curé au-dessus de l'instituteur, d'après le Président de la République !

C'est dans une véritable régression dans la manière de concevoir la laïcité que M. Sarkozy s'est lancé dans son discours de Rome le 20 décembre dernier.

Le Président de la République a notamment déclaré que, « dans la transmission des valeurs et dans l'apprentissage de la différence entre le bien et le mal, l'instituteur ne pourra jamais remplacer le pasteur ou le curé, parce qu'il lui manquera toujours la radicalité du sacrifice de sa vie et le charisme d'un engagement porté par l'espérance ».

Comme le rappelle fort justement la Ligue des droits de l'Homme, le monde actuel est plein de « fous de Dieu » qui, portés par une « espérance » délirante, poussent leur « engagement » jusqu'à « la radicalité du sacrifice de leur vie » et de centaines d'autres vies innocentes. Le tout au nom de « la différence entre le bien et le mal » et de la purification des âmes.

Quand le Président de la République place le curé au-dessus de l'instituteur comme responsable de « la transmission des valeurs », il ignore totalement ce que sont les valeurs de la République qu'il est censé représenter. La République française est laïque selon l'article premier de sa Constitution.

Laïque, elle garantit la liberté de conscience et de culte, mais n'en reconnaît ni n'en soutient aucun en particulier. Elle garantit ainsi, à l'encontre du prosélytisme religieux, la liberté absolue d'être sans religion. Laïque, elle refuse le mélange entre convictions religieuses et exercice des responsabilités politiques.

Le SNUipp-FSU 16 tient à rappeler avec force que ce sont bien les enseignants de l'école publique qui, à ses yeux, sont les mieux à même de transmettre le respect des valeurs de liberté, d'égalité, de fraternité, de laïcité et de solidarité.

Angoulême, le 08 janvier 2008

En pièce jointe sous format PDF, les voeux 2008 de la Ligue des Droits de l'Homme à propos du dixcours de N. Sarkozy à Rome

Mais qui sait encore ce que veut dire le mot laïcité?

Définition  du robert: principe de séparation de la vie civile et de la vie religieuse, l'État n'exerçant aucun pouvoir religieux et les églises aucun pouvoir politique.
Laïcisme: doctrine qui tend à donner aux institutions un caractère non religieux.


Posté par lutopieoulamort à 20:56 - sarkozutopie - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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